L’esprit de la Commune de Paris plane à Sur

commune sur 1La Commune de Paris, qui constitue l’une des expériences d’autogestion peut-être les plus importantes dans l’histoire de l’Europe – avec sa résistance qui dura 72 jours – reste inscrite dans l’histoire comme l’une des plus grandes célébrations de la liberté du XIXème siècle, et continue encore aujourd’hui, à inspirer et enthousiasmer l’humanité en tant qu’expérience de vie sans État.

La résistance de Sur [NdT : quartier d’Amed, capitale du Kurdistan du Nord], avec ses barricades, ses chants révolutionnaires, les zılgıt des femmes [NdT : exclamations de rage et de souffrance des femmes kurdes], le battement des ailes des colombes de la liberté, prolonge au XXIème siècle l’esprit de la Commune de Paris qui s’est déroulée au XIXème siècle. Sur résiste depuis 72 jours [NdT : 80 jours au 19 février] et salue Paris.

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Déclaration de création des YPS (Groupe de défense civile) à Nusaybin

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https://youtu.be/Wi8T9fl5080?t=19s

Traduction ci-dessous :

En 2015, le peuple kurde a déclaré l’autonomie dans plusieurs ville du Kurdistan. Nous rejetons l‘occupation par l’Etat turc de nos terres et la politique génocidaire quil mène pour tenter d’assimiler notre peuple, et pour cela nous voulons exister par nousmême. Cela fait des années que cet Etat colonial veut physiquement et culturellement anéantir tout le peuple kurde. Et aujourd’hui encore, contre le réel désir du peuple d’émancipation, cet Etat fasciste lance des attaques de plus en plus violentes contre son peuple (pillages, exécutions, tortures…) Contre ces attaques, le peuple, dans son droit naturel, soutient l’autodéfense des jeunes pour le développement de l’autonomie.

Depuis des dizaines d’années l’État colonial a incendié plus de 4 000 villages, généré des milliers de meurtres non élucidé, des tortures et des emprisonnements par milliers pour casser le mouvement de résistance du peuple.

Dans les centres villes, des personnes sans défense ont été abattues, et des milliers de personnes sont en train de pourrir derrière des barreaux car ils ont parlé leur langue maternelle et qu’ils ont gardé leur culture. La répression qui est fait sur les civils, aujourd’hui dans beaucoup de villes au Kurdistan, où des femmes, des enfants, des vieux, des hommes sont abattus, n’a pas l’air d’être considéré comme du terrorisme. Mais que le peuple veuille son droit le plus naturel, c’est-à-dire vivre comme il le souhaite, libre, en demandant l’autonomie et non pas comme l’Etat fasciste et sa mentalité assassine, et là on dira d’eux que ce sont des terroristes. Ce combat est aussi bien celui du peuple kurde, que celui du peuple turc, c’est un combat humain avant tout.

On s’adresse à toutes celles et ceux pour qui le soleil brille encore, et notamment en Turquie : Ne restez pas silencieux face à tant d’injustice, rejoignez la résistance. A Farqin (Silvan), Cizre, Kerboran (Dargeçit), Sur et Derik, où le peuple est en résistance, nous vous saluons. Nous, en tant que jeunes de Nusaybin, et en tant que résistants faisant parti du YPS Botan (« Yekiniyan Parestina Sivilan Botane » c’est-à-dire le « Groupe de défense civile de Botan »), nous saluons, et fêtons cette déclaration. Nous allons combattre et nous défendre pour la défenses des communes démocratiques, pour la libération de notre leader Apo, et pour défendre notre peuple de l’Etat colonial. Et nous nous adressons particulièrement aux jeunes femmes et jeunes hommes : rejoigneznous au YPS, pour notre peuple et pour vous sentir libre. Vive Apo ! Vive la résistance du peuple kurde !

Main basse sur Sur

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Traduction d’un article de Hüseyin Ali, paru dans Özgur Gündem, le 25 décembre 2015.

L’État turc est en train de mener ses attaques génocidaires au Kurdistan. En attaquant physiquement le mouvement du peuple, il veut casser sa résistance, et développer un génocide culturel. Erdoğan dit chaque jour : « un peuple, une patrie, un pays, un drapeau. » Et l’Etat dit qu’une fois qu’ils auront cassé le mouvement kurde, ils vont faire plus de commissariat, ils vont mieux éduquer les enfants, ils vont les assimiler, et si besoin les enfants seront déplacés ailleurs en Turquie. Ils disent qu’ils mettront en place un système éducatif allant contre le peuple kurde.

L’AKP, jusqu’à ce jour, a assassiné des centaines de femmes, d’enfants, de jeunes, de vieux, et d’hommes, et sans honte retourne la faute sur ceux qu’il agresse. Avec ses tanks, avec ses obus, les forces spéciales détruisent tout, mettent les villes s’en dessus dessous. Femmes ou enfants, ils tuent sans distinctions. Ils bombardent les moquées, des monuments historiques. Ils font exploser les générateurs électriques et les citernes d’eaux. Et quand le peuple lutte contre ces attaques, ils se font traités de « vandales ».

L’Etat turc ne fait que mentir pour tromper les peuples de Turquie. C’est lui qui réprime, tue, et ensuite fait comme si c’était les kurdes qui se faisaient ça à eux-mêmes. Tous les jours, les sbires tuent entre 5 et 10 personnes, et ensuite disent « le PKK a encore tué des civils ». L’Etat turc trompe son peuple. Le gouvernement AKP, en premier lieu, et surtout Erdoğan, le chef fasciste, tournent tous leurs discours de manière à duper les peuples de Turquie.

Le peuple kurde lui sait réellement ce qu’il se passe, car il le vit et le voit. En ce moment la plus grosse opération est en train de se dérouler contre Sur. L’âme d’Amed, le quartier historique de Sur, est encerclé, et leur objectif est de faire disparaître ce lieu. La raison de cette manœuvre n’est pas seulement de casser le mouvement et la résistance du peuple de Sur et d’Amed, mais d’enlever l’âme de cette ville.

C’est comme dans les années 80, quand les responsables de la prison de Diyarbakır, 5 nolu, emprisonnant des sympathisants du PKK, ont tenté d’y creuser un cimetière pour y enterrer l’espoir du peuple kurde. Et aujourd’hui en mettant s’en dessus dessous Sur, leur envie est d’enterrer l’âme d’Amed. L’âme d’Amed brille par Sur, par l’histoire de Sur, par l’architecture de Sur, par la culture de Sur, par la vie que mène les gens les uns avec les autres, l’affection mutuelle qu’ils se portent. Et aujourd’hui en détruisant l’âme d’Amed, ça sera le plus grand génocide culturel du Kurdistan.

Tous les militants, et tous les kurdes doivent le voir. Pour ces raisons, il faut créer une barricade de résistance tout autour de Sur, car la résistance de Sur ne doit pas rester seule. La lutte de Sur est la résistance de toute l’histoire kurde et l’histoire de sa liberté. C’est la résistance de Şix Sait [leader de l’insurrection en 1921 à Dersim], la résistance des bagnes, la résistance de Vedat Aydin [président du partie HEP ancêtre du BDP, assassiné par l’État], la résistance de la semaine des héros/héroïnes de 2006, la résistance de Zekiye Alkan [résistante des années 1990, femme qui s’est immolée pour le newroz quand c’était encore interdit]. En incendiant, en détruisant Sur, ils veulent arracher les racines de ces résistances. C’est pour ça que Sur est un lieu stratégique et historique. C’est une réelle résistance de défendre l’architecture et le quartier de Sur. […]

L’Etat détruit Sur car l’objectif qu’il veut atteindre n’est pas seulement la destruction de l’histoire de ce lieu, mais tout Amed. Parce qu’à partir du moment où Sur sera détruit, la seule âme qui planera, sera la culture de l’exploitation, et du capitalisme. Parce que Sur donne son âme dans chaque quartier d’Amed, et dans chacune de ces communes. L’idée est de retirer le cœur et l’âme de la résistance pour affaiblir et anéantir toute la résistance du Kurdistan.
A chaque fois qu’un obus est jeté, qu’une balle est tirée, qu’une bombe est lancée, qu’une attaque est faites à Sur… C’est tout Amed et le Kurdistan qui sont visés. Ce qui se joue aujourd’hui est d’une importance historique. La résistance de Sur doit continuer et s’accroître.

Au moment même où la résistance est forte à Sur, l’Etat annonce : « les TOKI doivent rentrer dans Sur. Sur détruit doit être remplacé par des habitats plus modernes. » Si les TOKI [grands ensembles d’habitations construits par le bétonneur TOKI] rentrent dans Sur, l’âme historique de ce lieu disparaîtra en y mettant des blocs de béton sans sens et sans âme. Et d’autres vont se faire de l’argent sur le dos de cette culture quı, exploitée, sera vouée à disparaître. C’est pour cette raison aussi, qu’il s’agit d’un génocide lorsque l’Etat brule et détruit les maisons à Sur pour y faire couler du béton,.
Le peuple kurde doit défendre, comme il défendrait son pays, chaque maison qui se trouve à Sur.
Les TOKI ne peuvent pas rentrer dans Sur ! Il n’est pas question qu’un litre de béton ne soit couler dans Sur ! Ces TOKI auront, et ont pour objectif de viser le peuple kurde et le mouvement de libération. Tout le monde, dès aujourd’hui doit s’en rendre compte. Chaque recoin explosé, détruit par l’État, doit être refait comme avant avec l’aide du peuple et de la mairie. Défendre un lieu historique c’est aussi un bout de l’autonomie que nous recherchons. C’est une défense de territoire. Les kurdes ne regardent plus leurs monuments historiques comme un simple bout de pierre. Ils savent qu’ils ont une âme, une histoire, un présent et un avenir.

Pourquoi cette résistance se fait-elle à Sur ?

Parce que ce n’est pas seulement le temps présent qui résiste, mais bien aussi les luttes passées et la mémoıre culturelle de ces luttes. Tout le monde doit le savoir. La lutte qu’il y a aujourd’hui à Sur, contre l’occupation de l’État, contre le génocide culturel, ne s’arrêtera pas là. Une fois que l’État voudra faire couler du béton dans Sur, ils feront face à une nouvelle résistance.

Le peuple kurde et les habitants d’Amed nourrissent leurs cultures depuis des milliers d’années, et ne laisseront pas assassiner leur âme. Aucune personne ne pourra venir toucher Sur impunément, comme ils ont pu le faire ailleurs. Ceux et celles qui veulent la peau de Sur, l’histoire les frappera en plein visage, sa culture les foudroiera, l’âme de sa résistance les heurteront. Et si jamais ils essayent d’y mettre la main, ils se prendront une telle gifle, qu’ils ne comprendront pas ce qui leur arrive.

Message d’Anonymous à l’Etat turc

anonymous-internet-turkey-protestCes derniers jours depuis le 14 décembre, la Turquie a subi des attaques internet sur plus d’un milier de ses sites.

Anonymous revendique ces hacks. Anonymous a prévenu la Turquie que, si elle continue de travailler avec Daesh, les hacks s’intensifieraient.

Un mois auparavant, les cybers hackers avaient déclaré la guerre à Daesh, et aujourd’hui c’est au tour de la Turquie. #OpTurkey, Operasyon Türkiye, est le nom que donne le groupe Anonymous à cette opération.

Dans cette vidéo du 19 décembre, Anonymous déclare :

« En achetant du pétrole et en soignant les djihadistes, la Turquie soutient Daesh. Nous n’allons pas continuer à accepter le soutien du leader turc Erdogan à Daesh. Nous nous adressons à tout le gouvernement turc, si vous n’arrêtez pas votre collaboration avec Daesh, on va continuer nos cyber-attaques sur vos sites et vos banques. Et nous allons faire tomber vos sites gouvernementaux. Nous allons cibler vos aéroports, vos bases militaires et vos institutions gouvernamentalers. Nous allons faire effondrer la bourse et vos banques. Stoppez votre folie. Votre destin est entre vos mains. »

https://youtu.be/0m9lzxXIDBU

Manifestations à Diyarbakir contre l’état de siège [18/12]

diyarbakir_mb_18aralik_1Cela fait 17 jours que le quartier de la vieille-ville de Sur est assiégé par les militaires et les forces spéciales de la police. Le peuple de Diyarbakir est une fois de plus sorti dans la rue pour protester contre l’Etat turc. Il y a eu des rassemblements qui devaient partir de 3 endroits différents – Yenisehir, Kayapinar et Baglar – pour se retrouver à Ofis et marcher ensemble vers Sur. Mais la police a directement attaqué avec des gaz et les habitants n’ont cesser de lutter jusqu’au soir pour que le siège soit levé de Sur. Une journée quotidienne à Diyarbakir…

Traduction de Sendika.org. Et quelques photos de Aktivist Kamera.

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